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06/04/2013

FIN DE L'OCCUPATION ALLEMANDE

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

 

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LES ALLIES SONT LA

 

 41 ème et dernier chapitre

 

Nous sommes le treize juin, les combats s'éloignent de nous, les nombreuses communes des alentours sont libérées. La vallée de l'Elle est aux mains des alliés et le front le plus proche se situe sur la Vire, fleuve qui n'a pas encore été franchi et qui est distant d'environ quatre à cinq kilomètres d'où nous habitons, souvent nous recenum_risation0021vions les obus des batteries allemandes. Je me souviens d'un de ceux-ci tombé près de notre maison. Je me trouvais dans la cour, j'ai reçu un éclat  qui m'a touché après avoir ricoché sur le mur de notre habitation. Je m'en suis tiré avec seulement un gros bleu sur le côté gauche, une chance.

Mon père qui avait fait Verdun, avait décidé de coucher à l'étage de la maison, où il ne craignait rien. Pourtant, cette nuit là, deux balles de mitrailleuse ont traversé la fenêtre, pour s'encastrer dans le mur à cinquante centimètre au dessus du lit où il dormait.

La nuit suivante, il a dormi au rez de chaussée, il avait compris.

Les nuits étaient assez agitées en raison des bombardements, mais surtout à cause des tirs de D.C.A américains. Tout ceci, parce que dès la tombée de la nuit, les avions allemands faisaient des incursions sur le front américain. 

Alors, dans un bruit assourdissant le ciel s'illuminait avec une multitude de petites boules blanches, c'était très joli à regarder mais aussi dangereux, les éclats de ces obus de D.C.A retombaient sur terre.

Sur la route devant chez nous, la circulation s'était intensifiée, des colonnes entières de camions passaient devant nous. Certains chargés de soldats qui nous lançaient quelque fois des cigarettes ou des chewing-gum. Passaient aussi des tanks qui faisaient un bruit infernal avec leurs tuyaux num_risation0017d'échappement.

Arrivée chez nous, la troisième division blindée, unité américaine la plus puissante (cinq cent tanks, mille cinq cent véhicules, treize mille hommes etc..) a campé sur les communes de Sainte Marguerite d'Elle et Airel. Au haut chêne, sur la commune de Lison un hôpital était installé, beaucoup de français allaient s'y faire soigner.

Il faudra quarante quatre jours pour libérer Saint Lô ville distante de quinze kilomètres de chez nous. Elle ne fut libérée que le dix juillet mille neuf cent quarante quatre, au prix de violents combats . De cette localité il ne restait qu'un champ de ruines

La destruction de Saint Lô, commença le six juin vers vingt heures. Trois formations de bombardiers maraudeurs sont venus déverser leurs bombes sur de nombreux quartiers, créant de nombreux incendies et d'importants dégâts. Jusqu'à sa libération, cette ville a supporté de nombreux pilonnages par l'artillerie. Les alliés libérèrent un tas de ruines.

Trois cent cinquante deux saint lois ont trouvé la mort au cours de cette libération.

 

Après que l'orage du débarquement fut pratiquement passé, il a fallu penser à reprendre le travail au buffet de la gare. Mais la gare de Lnum_risation0016ison ayant été très endommagée, mon ancien lieu de travail n'existait pratiquement plus. Alors il m'a fallu chercher un nouvel emploi. Celui ci s'est présenté avec les offres américaines.

En premier lieu, j'ai été embauché pour trier et remettre en état les emballages ayant servi à protéger et emballer les obus. Le travail n'était pas sans risques, dans certains se trouvaient des ogives en état de fonctionnement, quelques accidents se sont produits sans trop de gravité.

Dans ce chantier, le travail était monotone, on comptait les minutes, sinon les secondes. Heureusement il n'a duré qu'une quinzaine de jours.

Ensuite, nous sommes partis sur un autre chantier, près de la Cambe, en plein air, nous travaillions à la chaîne au montage des camions GMC, plus d'une centaine sortaient chaque jour de cette "usine" . Ce travail assez facile a duré du sept juillet mille neuf cent quarante quatre au trente et un janvier mille neuf cent quarante cinq. Là s'est arrêté mon travail pour les américains.

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Ensuite, sans me demander mon avis, mes parents m'ont mis à travailler dans une poterie, j'avais dix huit ans, il est vrai qu'à cette époque la majorité était à vingt et un an et on n'avait pas le droit à la parole. Je suis resté dans cette entreprise jusqu'en mille neuf cent soixante, petite société que je dirigeais en l'absebce du patron qui me faisait entière confiance.

 

Ainsi s'arrête ici "LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE", qui a continué son chemin dans le travail et qui dans cette vie de labeur a terminé sa vie professionnelle comme cadre.

Je pense qu'en suivant ce long récit, peut être pour certains un peu ennuyeux, vous avez appris, comment dans nos campagnes nous vivions au siècle dernier, pour moi, cela a commencé il y a quatre vingt cinq ans.

 

Merci à tous ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu'à ce jour.

21/03/2013

AU SIECLE DERNIER EN COTENTIN

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

 

 

 LA  num_risation0041LIBERATION ......                                                                                                                                quarantième chapitre

Ce samedi matin, nous étions tous réveillés. Pour moi la nuit avait été assez bonne, j'avais bien dormi, voulant sans doute profiter de ce dernier sommeil en plein air.

Pour ceux qui n'avaient pas dormi, quelque chose se serait passé pas loin de notre abri. Les canons et les mitrailleuses auraient tiré pendant plusieurs minutes sans interrnum_risation0046uption du côté de Cartigny. Moi je n'ai rien entendu. Un peu plus tard, deux personnes de notre groupe auraient entendu marcher pas loin de notre campement. C'était sans doute quelqu'un qui s'était approché de notre refuge, que faisait il dans cet endroit ? Je ne l'ai jamais su.

Beaucoup plus tard, j'ai appris que le bruit des mitrailleuses venant de Cartigny' était du à un accrochage entre allemands et américains qui s'étaient rencontrés par hasard. Le combat a été violent , en vingt minutes il y a eu plus de deux cent cinquante victimes, américains et allemands confondus.

En cette matiné du dix juin, nous avons quitté notre abri de cette partie boisée pour rentrer à la maison que nous avons retrouvée intacte. Aux alentours nous n'avons vu rien d'anormal, sauf quelques explosions que nous entendions dans le lointain. Sur la route, aucun militaire, nous nous demandions où étaient passés les soldats américains vus la veille. Nous n'arrivions pas à comprendre ce qui se passait.

Le midi, ma mère a invité la famille voisine à notre table. Tout était calme, seul un petit avion est passé au dessus de nos têtes plusieurs fois. Il s'agissait d'un avion d'observation, nous le reverrons très souvent au fil des jours.

La journée a été très calme et nous en avons profité pour regagner notre lit pour une nuit réparatrice.

Entre temps nous avons appris qnum_risation0039ue certains habitants étaient repartis dans la soirée, loin du front craignant une contre attaque allemande venant de la vallée de l'Elle.

Au réveil, aucun changement, en tout début de matinée, nous avons aperçu un groupe de soldats qui montaient la côte. C'étaient des militaires américains qui avaient marché toute la nuit, des plages du débarquement pour rejoindre le front. Ils étaient exténués. Ma mère leur a préparé de l'eau chaude pour qu'ils fassent leurs boissons, en se reposant un certain moment.

Ayant très peu d'hommes aux avants postes, l'armée américaine se trouvait bloquée à la limite de la vallée de l'Elle dans l'attente de renforts. Il est vrai que nous n'avions vu que très peu de blindés passer devant notre maison. Malgré cela, les explosions étaient toujours aussi fortes. Près de notre maison plusieurs vaches ont été tuées par des obus provenant deslignes allemandes.

La journée du dimanche onze juin a été beaucoup plus mouvementée, les forces alliées pilonnant les communes au sud de l'Elle. Les combats pour la traversée de la vallée furent violents, de nombreux soldats furent tués, dont sept officiers. Ce matin là, un obus est tombé dans un fossé où s'étaient réfugiés quatorze civils, huit furent tués plus deux blessés.

A la suite de ces attaques, les américains n'étaient plus qu'à huit kilomètres de Saint Lô.

Dans les prés, aux alentours de notre maison, les américains se sont installés sous les pomminum_risation0040ers, ils ont creusé des trous "les trous d'hommes" où ils s'abritaient. Des pièces d'artillerie étaient installées.

Avec eux, nous avons appris à connaître de nouveaux produits alimentaires : nescafé, chewing gum, cigarettes, rations alimentaires et autres produits inconnus de nous. 

Une chose qui ne passait pas inaperçue, la tenue des soldats alliés qui semblait délabrée vis à vis des soldats allemands qui avaient des uniformes très stricts.

Il nous était très difficile de reconnaître le grade des américains, tous avaient la même tenue.

Peu à peu, la guerre s'éloignait de nous, et nous recommencions une vie presque normale.

                     A suivre. 

10/02/2013

PREMICES DU DEBARQUEMENT DES ALLIES

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER

 

AGRICOLE

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LA FIN DE L'OCCUPATION

 

trente septième chapitre

 

La fin de mai, comme ce début du mois de juin a vu les attaques des avions alliés se multiplier. Les bombardements allaient en s'amplifiant tant sur la côte qu'à l'intérieur des terres. Nous étions le lundi 5 juin, j'avais repris le travail aprènum_risation0066s le repos du dimanche, pendant lequel j'avais pu rencontrer tous mes copains. Et pendant mon travail à la cave du buffet de la gare, je me demandais où les allemands allaient m'envoyer construire le fameux pont et sur quelle rivière, auquel ils avaient fait allusion la semaine précédente.

Ce jour là, quelques avions sont venus nous rendre visite, qui malgré les tirs de la "flak" n'ont pas semblé avoir subi de dégâts, nous les reverrions donc le lendemain. Passant voir si le vin blanc que je mettais en bouteilles était bon, le patron m'a informé que le lendemain il devait aller à Saint Lô pour essayer de trouver du ravitaillement pour le restaurant, il est vrai que la cuisinière avait du mal à trouver de bonnes recettes pour accommoder le boeuf fumé qui revenait trop souvent sur les tables du restaurant. La journée a été assez difficile, et le travail terminé, je n'ai pas traîné pour rentrer à la maison pour profiter d'un bon repos.

Mais, en ce début de soirée, l'aviation était très présente et c'est presque sans interruption que nous entendions tous ces avions. Mon père semblait inquiet et pensait qu'il se passait quelque chose, il craignait un fort bombardement de la gare, les voisins aussi se posaient des questions et se demandaient si la libération de notre sol n'était pas venue, et dans ce cas, où elle aurait lieu. Beaucoup pensaient au Nord de la France.num_risation0062

Peu avant minuit, nous avons entendu une série de très fortes explosions, il était très difficile de les localiser, elles venaient du côté de la mer, et malgré les nuages nous pouvions apercevoir des lueurs dans le lointain.

Parti dans le village à la recherche de renseignements, mon père est revenu à la maison nous annonçant que les anglais se préparaient à débarquer et que cela était imminent. Renseignement donné par un cheminot du village, qui lui a été informé par l'instituteur de la commune d'Airel qui était son chef direct dans la Résistance (par la suite nous avons appris qu'ils étaient rattachés à un groupe qui a été pris par la gestapo deux mois auparavant, une douzaine de membres auraient disparus à la suite de ces arrestations).

 

Sans plus de détails, nous nous sommes recouchés, sachant que nous avions un abri tout à côté pour nous réfugier en cas de coup dur.num_risation0064

Vers six heures du matin, j'ai été réveillé par un bruit assourdissant, c'était quelque chose que je n'avais pas vécu jusque là. Toute la famille était debout se demandant ce qu'il allait arriver. Aux alentours tout semblait calme, cela venait de la côte, sans toutefois cibler les endroits exactes. Mon père qui avait fait la guerre de 14/18 disait qu'il s'agissait de grosses pièces d'artillerie de marine et que cela ressemblait à ce qu'il avait du subir à Verdun, nous disant que nous n'avions pas intérêt à rester sur place avec la gare si proche.

Nous ne savions pas ce qui se passait tout près de chez nous, pourtant à quelques dizaines de kilomètres de notre village, d'où nous pouvions voir les lueurs et les nuages de fumée, des milliers d'hommes prenaient pied sur le sol français.

Arrivant par plus de mille navires lancés dans cette opération, cinq cent canons armant une bonne centaine de navires de guerre arrosaient le sol français de leurs obus de gros calibres pour ouvrir le passage sur notre sol aux troupes et aux chars de l'armée anglaise et américaine. num_risation0063

C'est la force et le bruit de toutes ces explosions qui faisaient trembler les portes et vitres de nos maisons.

Dans cette côte de la fotelaie où nous habitions, aucune circulation, ni voiture, ni camion, sur cette route reliant Isigny sur mer à Saint Lô, on se demandait où était passée l'armée allemande. Pourtant dans le lointain le bruit sourd des explosions se succédaient au même rythme.

En sortant de la maison située à mi-côte , j'ai aperçu trois personnes avec des bicyclettes très chargées de bagages, c'étaient des cheminots allemands des "bahnhof" qui montaient la côte, ils sont passés devant moi sans aucun regard, pourtant je les connaissais bien, ils étaient des familiers du bar du buffet de la gare.

Où allaient ils, je ne le saurais jamais.

 

A suivre..............

 
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