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24/01/2013

SOUS L'OCCUPATION.

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

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UN PRINTEMPS TRES DIFFICILE

 

trente cinquième chapitre

En cette deuxième partie du printemps les attaques aériennes se faisaient plus nombreuses. Au premier déclenchement des sirènes de la gare, nous courions dans l'abri de béton situé sur le côté du quai. Les avions partis, il nous restait à constater les dégâts occasionnés par ceux ci.

Un après midi, vers quatorze heures, nouvelle alerte. Trois avions nous arrivaient denumérisation0007ssus. De notre abri, nous les voyons passer, volant très bas. Comme à l'habitude, nous attendions le mitraillage, mais rien. Quelques instants plus tard, nous avons entendu le bruit des bombes, nous avons appris par les cheminots qu'ils avaient bombardé et mitraillé un train qui brûlait, et touché le grand pont du Vey sur la Vire.

Très souvent les avions nous arrivaient dessus alors que je n'avais pas le temps de rejoindre l'abri, alors là, je voyais des étincelles à quelques mètres de moi, c'étaient les balles qui venaient s'écraser sur les voies. Le mitraillage terminé, nous restait avec les cheminots présents, de voir tout au long des quais des fils de toutes natures qui pendaient très emmêles.

Chez mes parents, on s'organisait pour les coups durs.

Dans le petit verger, mon père a creusé un abri: sorte de tranchée ressemblant à celle qu'il avait connu lors de la dernière guerre (14/18numérisation0006). Suivant mes souvenirs elle devait faire environ quatre vingt centimètres de large sur une longueur de quatre à cinq mètres pour une profondeur d'un mètre soixante dix. L'ensemble était recouvert avec des madriers supportant une importante couche de terre. Un semblant d'escalier en permettait l'accès.

Cet abri pouvait recevoir toute la famille, en réalité 'il n'a jamais servi'. Heureusement car si une bombe était tombée dessus, il n'aurait pas résister et nous aurait servi finalement de tombe.

Durant cette période, les allemands devenaient de plus en plus exigeants, peut être avaient ils l'impression qu'il allait se passer quelque chose dans notre région. Partout ils renforçaient leurs défenses, les obligeants à réquisitionner un nombre important de personnes. C'est ainsi que j'ai été requis deux jours pnumérisation0009ar semaine, il fallait planter les asperge à Rommel le plus vite possible. Sur la côte il en était de même, les fortifications en béton devaient se construire le plus vite possible exigeant là aussi un nombreux personnel.

A la gare de Lison, on voyait passer de nombreux trains avec les matériaux nécessaires à ces constructions.

Au buffet, le ravitaillement devenait de plus en plus difficile pour assurer le service de restauration.

Le marché noir, lui se portait à merveille.

Sur le quai de la gare on voyait de nombreux voyageurs avec des valises très lourdes. Moi- même, j'ai du transporter des valises, mon patron me chargeant d'aller les placer dans le dernier wagon du train se dirigeant vers Paris. Le principal acteur de cette opération était une femme très assidue à la gare de Lison. Que contenaient ses valises ? Je ne l'ai jamais su, mais à chaque fois que je portais ses valises, je recevais un billet de cent francs alors que je ne gagnais que vingt francs par jour.

C'est dans une ambiance cosmopolite que nous vivions dans cette gare.

 

A suivre

09:54 Écrit par bernard chan | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer

Commentaires

Bonjour Bernard

Tu as vécu tout cela dans ton adolescence. Qu'as tu pensé lorsque le Général de Gaulle a invité Adénauer à Colombey, puis signé le traité d'amitié avec l'Allemagne en 1963 ?

Christian

Écrit par : Christian | 01/02/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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