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10/01/2013

SOUS L'OCCUPATION ALLEMANDE

 

 

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LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER

AGRICOLE

 

UN MOIS DE MAI AGITE

 

trente sixième chapitre

 

Mai mil neuf cent quarante quatre, presque la moitié de l'année écoulée sans aucun changement dans notre vie quotidienne.

Grâce à un poste à galène que possédait un voisin, nous pouvions savoir ce qui se passait sur notre territoire et dans le monde environnant.

Durant ce mois plusieurs cheminots furent tués, le plus souvent sur leurs machines.

Nous apprenions que la milice française avait attaqué les positions de la résistance dans le Vercors, qu'à Alger se créait le gouvernement provisoire de la République Française dirigé par le général De Gaulle, que de nombreuses villes française subissaient les bombardements num_risation0037des avions alliés. Les villes allemandes subissaient le même sort, ce qui mettait à mal les industries de l'armement nazi.

Les avions nous rendaient visite presque tous les jours, mitraillant les machines qui étaient en gare. Très souvent il fallait se rendre à l'abri. En ce lieu nous blaguions en attendant que cela se passe. Un jour, en dehors de l'abri, nous regardions les avions évoluer au dessus de nous, quelqu'un a senti un choc sur la tête, c'était un éclat d'obus de D.C.A qu'il avait reçu sur le crâne. Son béret ayant amorti le choc il n'a pas eu beaucoup de mal.

Par la suite, nous avons été un peu moins curieux.

Aucun train ne suivait les horaires, beaucoup étaient obligés de s'arrêter en gare et y rester assez souvent suite à des incidents mécaniques dus aux attaques aériennes subies.

Au bout du dépôt, le triage était saturé et on pouvait voir les wagons sur les voies principales, rendant les manoeuvres difficiles, ce qui occasionnait des retards très importants rendant les "bahnhof" très nerveux.

En cette fin de mai, la gare essuyait de nombreux bombardements, ces derniers avaient lieu la nuit, les avions se succédaient à intervalles d'environ dix minutes. Quatre ou cinq passaient ainsi sur la gare lâchant leurs instruments de mort. Ces bombes occasionnaient de très sérieux dégâts.num_risation0039

C'est dans notre abri de repli, éloigné de trois cent mètres de notre maison, tout en haut d'un pré, que la nuit du vingt neuf mai nous avons entendu des avions passant au nord de Carentan, à une vingtaine de kilomètres. D'un seul coup, nous avons vu le ciel s'illuminer de couleurs blanchâtres et oranges avec de nombreux points tres lumineux. Plus tard, j'ai appris qu'il s'agissait de fusées éclairantes. Ces lueurs augmentaient d'intensité, ainsi que le bruit des avions qui semblaient être plus nombreux. D'un seul coup, nous avons entendu un bruit assourdissant avec d'immenses lueurs. C'étaient des bombes qui explosaient au sol, le jour suivant au buffet de la gare, j'ai appris que cette puissante attaque avait comme cible un ensemble de casemates allemandes en construction sur la côte à Saint Martin de Varreville. D'après certaines archives, soixante quatre bombardiers quadrimoteurs "lancaster" guidés par sept bombardiers bimoteurs qui avaient lâché les fusées éclairantes, auraient lâché trois cent cinquante tonnes de bombes.

Pendant ce temps, je continuais mon travail au buffet, subissant comme tout le monde les num_risation0040attaques aériennes. Un après midi, une rafale de balles a traversé la marquise et sont allée s'écraser dans la salle du café au dessus du bar. Tout le personnel était à l'abri, il n'y a eu aucun blessé, uniquement des dégâts matériels.

 

Il me fallait maintenant travailler deux jours par semaine pour l'occupant.

Après avoir quitté le marais, je suis revenu faire des trous juste à côté de la gare, là, le premier trou a été vite creusé à cause du mitraillage, je travaillais à moins de cent mètres de la gare et des voies..

En cours de journée, les allemands nous ont informé que la semaine suivante il nous faudrait travailler à la construction de deux ponts sur une rivière et que nous serions requis pour trois jours.

Je n'ai jamais su de quelle rivière il s'agissait. Mais cela est une autre histoire.

A suivre......

09:23 Écrit par bernard chan | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer

Commentaires

Bonsoir Bernard

Tu as été au plus chaud avec ces bombardements. Il aurait suffi qu'une bombe tombe sur votre abri pour que tu ne sois plus là aujourd'hui. J'avoue que nous étions bien moins exposé que toi et ta famille. Cette période était juste avant le débarquement, la plus dangereuse certainement.

Christian

Écrit par : Christian | 15/01/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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