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11/11/2012

AU SIECLE DERNIER EN COTENTIN

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

LE MARCHE NOIR BAT SON PLEIN

Trentième chapitre

Dans cette gare très importannum_risation0005te de par son noeud ferroviaire, existait un trafic d'une énorme ampleur. De là, on allait vers la Bretagne, Cherbourg, la côte avec Isigny sur mer, et surtout Paris qui drainait une bonne partie de marchandises venant de la région bas normande qui était privilégiée pour se procurer en toutes saisons : beurre, viande, pommes de terre, oeufs etc... Le beurre y est vendu cinq cent à sept cent francs le kilo, et le boeuf dans les bas morceaux trois cent francs.

Les trains allant vers Paris sont pris d'assaut, c'est la foire d'empoigne pour monter dans les wagons, surtout avec les valises surchargées.

Je me souviens d'une jolie femme brune, navigant très souvent entre Paris et notre gare qui avait demandé à mon patron que je lui porte des valises dans le train "montant" sur Paris, les valises étaient très lourdes et il fallait les placer dans le wagon de queue du train à une place bien définie. Je n'ai jamais sus ce qu'elles contenaient. En accomplissant ce genre de travail, je n'ai jamais été contrôlé par la police qui aurait pu voir que je faisais ce transport sur le quai assez souvent, j'étais facile à reconnaître avec mon tablier bleu que je portais tous les jours. A chaque fois le travail accompli, cette femme me donnait un billet de cent francs, ces valises transportées devaient contenir des choses de grande valeur. A l'époque avec mes seize ans, j'étais vraiment insouciant, car c'était risqué, mnum_risation0003ais je le faisais sans complexe comme tout autre travail que me demandait mon patron.

Léa, la servante du buffet doublait ses gains, en plus des valises elle fréquentait assidûment les soldats allemands.

Un groupe de trois hommes et une femme assez jeune faisaient le voyage de Paris deux fois par semaine : ils allaient à pied dans deux communes voisines, Saint Jean de Savigny et Saint Clair sur Elle remplir leurs valises de denrées non autorisées, qu'ils ramenaient sur des petits chariots. D'après un copain qui travaillait à l'exploitation S.N.C.F. juste à côté du buffet, l'un aveugle avait une carte de circulation qui lui donnait la gratuité sur le transport, de plus il avait droit à un guide qui bénéficiait d'une réduction de soixante quinze pour cent, ce qui amoindrissait le prix des voyages vers Paris.

Beaucoup plus tard, je me suis souvent posé la question concernant la femme brune, que faisait elle? était-ce du marché noir ou autre chose, elle avait comme amant un soldat allemand qui devait s'occuper du mur de l'atlantique sur la côte. Ils avaient une chambre à l'hotel de la gare où j'allais assez souvent porter différentes courses qu'elle me commandait. En entrant dans la chambre, m'étant fait connaître, je les trouvais tous deux au lit. Il m'a toujours semblé qu'elle avait une grande confiance en moi. Elle était très belle, mais son amant était assez laid.

Qui était cette femme en réalité ? Une personne des forces libres soutirant de son ami allemand les renseignements sur les constructions de défense du Reich sur nos côtes, le marché noir n'étant qu'un prétexte pour mieux infiltrer l'ennemi ? Les valises étaient tellement lourdes, peut-être chargées d'armes ? celà je ne le saurai jamais.

Dans la région les sabotages devenaient plus importants, à la S.N.C.F. les déraillements arrivaient de plus en plus souvent ; ce qui retardait la mise en place des wagons destinés au chargement du matériel de guerre allemand, ce qui occasionnait la prise d'otages dont certains seront fusillés. Dautres seront torturés et envoyé dans les camps de concentration dont à l'époque je ne connaissait pas l'existence.

Parfois, des camions allemands reculaient jusqu'à un grand portail séparant la cuisine du buffet de la cave où je travaillais le plus souvent; du camion descendaient des civils enchaînés, avec quelques fois parmi eux des soldats et marins allemands. Tous étaient gardés par la gestapo. De la porte de la cuisine, je les voyais descendre du camion, monter dans un train pour une destination inconnue que l'on a appelé après num_risation0007la Libération "les camps de la mort", malheureusement, je ne pouvais rien faire pour eux.

A suivre.......

10:35 Écrit par bernard chan | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer

Commentaires

Bonjour Bernard

Dommage que les commentaires soient fermés pour les notes précédentes. Je suis parti plus d'un mois de chez moi, et au retour, il ma fallu m'occuper de préparer le verger pour le ramassage des olives ( débroussaillage - tonte - vérification des caisses ) puis organiser le ramassage.

C'est fait et je suis soulagé, la récolte a été pressée et je vais chercher l'huile mercredi prochain.

J'ai lu avec intérêt les notes précédentes depuis le début de novembre.

Ici, tu nous parles du marché noir. Costaud comme tu l'étais, tu prenais des risques avec ce transport de valises de cette femme brune. Je pense que la police d'alors devait elle aussi y trouver son compte en prélevant sa part sur le trafic. Sinon, elle serait intervenue !

C'était une époque toutefois bien trouble.

Bon dimanche


Christian

Écrit par : Christian | 25/11/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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