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20/10/2012

AU SIECLE DERNIER EN COTENTIN.

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

DE PLUS EN PLUS DE RESTRICTIONS SOUS L'OCCUPATION

vingt huitième chapitre

Mille neuf cent quarante trois, la vie devient de plus en plus dure. Pendant cette période lnum_risation0091e manque de produits est tel que certains n'arrivent pas à utiliser leurs coupons de rationnement. Surtout dans les villes. J'avais un oncle et une tante à Paris qui nous racontaient la difficulté à trouver de quoi manger, manquant de provisions. De temps en temps mes parents leur faisaient parvenir un petit colis de produits de première nécessité pour améliorer leur ordinaire.

Le marché noir battait son plein, certains n'hésitaient pas à monter régulièrement à la Capitale pour entretenir ce marché d'un bon rapport; beurre, viande, pommes de terre etc.. sont ainsi transportés sans trop de risques, les fouilles de voitures étaient assez rares.

Pour nous à la campagne, nous souffrions un peu moins num_risation0088de ces restrictions, ayant de nombreuses denrées de la terre à notre disposition, seuls manquaient les produits manufacturés comme; le sucre, le café, le pain que l'on remplaçait par des galettes de sarrasin, ou de la bouillie faite avec la même céréale que l'on trouvait dans notre région. J'allais toujours au moulin acheter de la farine, parfois, et de plus en plus souvent je revenais bredouille, le meunier n'ayant pu trouver le grain à moudre.

En ce début d'année, la dureté de l'occupant se faisait de plus en plus sentir, de nombreuses arrestations sont opérées par la gestapo, secondée en cela par la milice française. Organisation politique et paramilitaire française créée le trente janvier par le gouvernement de Vichy pour lutter contre le "terrorisme", c'est à dire contre la "résistance". Cette organisation participe aussi à la traque des juifs et également des réfractaires au STO. Le chef officiel était Pierre Laval, mais le véritable responsable de ses opérations se nommait Joseph Darnand. De type fasciste cette organisation se vnum_risation0086oulait antisémite, anti communiste, anti capitaliste. Comme les nazis, les miliciens usaient de la délation, de la torture, pratiquant même des exécutions sommaires. La milice était à la fois un parti, une police et une armée qui comptait suivant les chiffres de l'époque près de trente mille hommes, qui pour la plupart étaient de jeunes marginaux venant de différents milieux, on y trouvait aussi des chômeurs et autres personnes attirées par l'appat du gain ou même le désir d'aventure. Par elle, furent éxécuter des hommes politiques hostiles à la collaboration; Maurice Sarraut directeur de "La dépêche de Toulouse" fut exécuté par cette milice, ainsi que le député Victor Bosch (quatre vingt et un ans), président de la ligue des droits de l'homme.

Dans notre région de nombreuses personnes furent arrêtées par cette organisation, surtout en ville, la campagne plus épargnée. Le fanatisme pro-nazi de cette force militaire les menait à commettre de nombreux vols, cambriolages, viols, racket, voies de faits sur la voie publique souvent brutaux, ce qui num_risation0058faisait l'objet d'un rejet total de la population.

Pour moi, c'est pendant cette sombre période que ma vie et le travail vont changer. Mes parents ont décidé que je devais travailler complètement à l'extérieur de la ferme, c'est pourquoi ils m'ont fait embaucher au buffet de la gare proche, sans d'ailleurs me demander si cela me plaisait.

Le treize juillet mille neuf cent quarante trois je me suis donc rendu sur mon nouveau lieu de travail, pour des journées très longues qui commençaient à cinq heures et demi du matin pour finir à dix heures et demi le soir. Avec le couvre feu, il me fallait un laissez passer pour faire le trajet de la maison à la gare, que je faisais à pied (environ deux kilomètres), n'ayant pas de bicyclette et pas les moyens de m'en acheter une. Je gagnais la somme de vingt francs de l'époque par jour, j'étais nourri.

Au début mon travail se situait surtout à la cave, je mettais le vin en bouteillnum_risation0063es quand arrivait une barrique de rouge ou de blanc, en entretenant tout le matériel nécessaire à ce travail.

Avec ce nouvel emploi, parmi tout ce monde cheminot que je côtoyais pour la première fois, je trouvais une ambiance que je n'avais jamais connu dans le monde paysan qui était mon quotidien.

Les journées étaient longues, mais mon travail terminé, je trouvais souvent des moments de détente, beaucoup de personnes, surtout des employés de la S.N.C.F. passaient par la "cave" à la recherche d'un verre de vin, lors de la mise en bouteilles.

A suivre......

10:08 Écrit par bernard chan | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

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