logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

07/06/2012

AU DEBUT DU SIECLE DERNIER EN COTENTIN (chapitre 22)

 

 

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

 

MA VIE CONTINUE A LA FERME

 

ferme,champs,pommes,cidre

chapitre vingt deux

 

A la ferme, les travaux se suivaient, l'entretien des champs était régulier, et bien entretenus, les animaux nourris correctement et bien soignés étaient un revenu bien agréable pour la gestion de la ferme. Le métier de cultivateur m'imprégnait de jour en jour, je n'avais pas le choix.

 

Sur décision de ma mère, j'allais travailler un ou deux jours par semaine comme ouvrier agricole dans une ferme du Calvados, très proche de chez nous, ceci sans m'avoir demandé mon avis, c'était l'époque, nous étions soumis. Je n'ai jamais connu le montant de mon salaire. Ce que je sais, c'est que la nourriture n'était pas des meilleures et plutôt restreinte.

Je ne crois pas que mon père ai décidé de mon emploi, d'ailleurs je ne l'ai jamais entendu discuter de ces choses avec ma mère. Je pense qu'à cette époque c'est elle qui décidait de tout en maîtresse femme. Dans le village elle était souvent "en bise bise" (dispute) avec les voisins.

Après une dispute avec notre voisine la plus proche de nous, elle m'a interdit de parler à sa nièce d'adoption qui était une de mes meilleures camarades. Cela a duré des années entières, sans connaître le sujet de cette dispute, peut-être pour une cause futile.

Moi, je prenais la vie comme elle venait, je n'avais pas le choix le travail se faisait au fil des saisons.

 ferme,champs,pommes,cidre

 La batterie du sarrasin au fléau

 

 Avec le mauvais temps de l'hiver, la charge de travail était plus importante, les animaux étaient à l'étable. Puis venait le printemps avec l'entretien et les plantations au potager (pommes de terre, poireaux et de nombreux légumes).

La fenaison occupait les mois d'été, travail assez dur mais quand même agréable avec le beau temps, même si quelques fois une ondée venait perturber le ramassage du foin. Celui-ci mis en botte et rentré au grenier, déjà l'automne s'annonçait.

ferme,champs,pommes,cidre

Le blé mis en javelles pour le séchage.

 

Venait la cueillette des pommes de garde, mises à l'abri et rangées sur des clayettes dans l'attente de leur mûrissement. C'étaient les principaux fruits qui arrivaient sur la table avec les poires.

Dans les vergers, les pommes à cidre étaient ramassées et mises en tas dans l'attente de la "pilaison", opération qui se faisait un peu plus tard. Lorsqu'elles étaient arrivées au point de maturité, c'était le branle bas de combat autour du pressoir et du cellier. Les tonneaux étaient prêts et les hommes présents pour le travail.

ferme,champs,pommes,cidreLa ceuillette des pommes à cidre.

 

Suivant l'importance de la récolte la corvée durait trois à quatre jours, deux hommes tournaient le moulin pour écraser les fruits, un autre récupérait les pommes écrasées tombées dans la cuve sous le moulin pour les porter sur le pressoir. Là, j'avais la charge de "monter" le marc en étageant des "lits" les uns sur les autres, c'est à dire une épaisseur pommes écrasées, une rangée de "glui" (paille des épis de blé), une couche de pommes et ainsi de suite jusqu'à atteindre une bonne douzaine de lits. Le marc étant monté, les planches étaient placées sur le dessus , sur celles-ci des madriers puis le "mouton" gros madrier de bois traversé par la vis du pressoir sur laquelle venait s'ajuster un gros écrou à oreilles dans lesquelles on insérait des grosses perches de bois pour le serrage du marc.

Ce travail n'était pas toujours agréable, surtout quant au début de l'hiver arrivait une gelée, les pommes étant dehors. Bien des fois j'ai attrapé l'onglée pour monter ces étages de marc.

Le "mou" (jus de pomme) était mis en tonneau pour une fermentation. Ce qui dans la plupart des cas donnait un cidre très agréable à boire. Une certaine quantité était mise en bouteilles. On obtenait le cidre bouché plus ou moins doux suivant le degré de sucre du mou.

 

ferme,champs,pommes,cidre

La fabrication du cidre Normand.

 

L'hiver, la vie tournait au ralenti, on sciait et cassait le bois ramassé en saison pour le mêtre à sécher. Une façon de se réchauffer quand il faisait froid.

Les vaches à l'étable,la traite était plus facile, n'ayant pas à se déplacer dans les champs . Ayant moins de travail dans les prés, il m'arrivait d'écrémer le lait, la crème était stockée dans de grands pots en grès. Une fois par semaine il fallait baratter le tout pour la fabrication du beurre, j'effectuais souvent cette opération en tournant la baratte assez doucement pour avoir une bonne marchandise que ma mère vendait aux habitants du coin.ferme,champs,pommes,cidre

scène Normande, la traite des vaches.

 

Très appréciées, les petites mottes ne restaient pas longtemps dans la laiterie.

 

Les journées passaient les unes après les autres et je prenais de l'âge, jusqu'au jour où pour la première fois j'ai entendu les cloches qui se sont mises à sonner  en dehors de l'angélus,c'était le tocsin, mon père présent ce jour là nous dit : - il faut que je vous quitte, c'était le trois septembre mille neuf cent trente neuf......

 ferme,champs,pommes,cidre

Le clocher de mon village qui sonna le tocsin.

 

A suivre.....

 

 

 

Commentaires

C'est magnifique de nous raconter tout cela. Grand merci. Je suis friande de ce genre de témoignage et je viens d'en dire un mot dans ma dernière note.
Bravo pour cette initiative...elle est encore plus importante qu'il n'y parait.
Bonne journée et à bientôt pour la suite

Écrit par : Anne Marie | 07/06/2012

J"avais du retard à lire tes notes que pourtant j'aime bien, mais pas toujours le temps ... j'ai récupéré mon retard !
Si je peux me permettre je trouve que le jaune n'est pas pratique à lire.
Bises et bonne soirée

Écrit par : Biche | 07/06/2012

J'aime bien aussi lire ces pages à la ferme, mes grands-parents paternels étaient paysans, mais les quatre fils ont fait tout autre chose que le travail à la ferme...Lorsqu'ils étaient jeunes ils étaient loués dans les fermes voisines...puis plus tard chacun a choisi un métier.

Merci de ton comm. Comme dirait l'autre (je ne sais plus qui...) "ça n'arrive qu'à moi !!"
A bientôt, Josiane.

Écrit par : josiane | 08/06/2012

Bonjour Bernard,

C'est toute une vie de labeur que tu nous contes sans grands mots, avec la justesse de celui qui connais ce qui fait mal aux reins ou froid aux mains.

A ton époque, il n'était pas question de discuter les directives des parents. Chez nous, c'était le père qui commandait. Et nous avons obéi sans rien dire jusqu'à la majorité. Ensuite, ça a été une autre affaire !

Bonne fin de semaine

Christian

Écrit par : Christian | 09/06/2012

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique