logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

30/05/2012

AU DEBUT DU SIECLE DERNIER EN COTENTIN (chapitre 21)

 LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

 

ADIEU ECOLE, BONJOUR LE TRAVAIL !

 

 

haies,fagots,fauchage

Chapitre vingt et un

 

 L'école terminée, adieu livres, cahiers et autres objets scolaires, il m'a fallu prendre en main d'autres outils servant au travail de la terre. Mes parents avaient décidé que je serais ouvrier agricole.

 

 

J'aurais bien aimé continuer les études, mais il n'en était pas question, contrairement à un camarade de classe, très proche de nous que les parents avaient inscrit dans une école professionnelle du Calvados pour apprendre le métier d'ajusteur. J'avais demandé à mes parents pour aller en ce lieu pour apprendre un métier, ma mère a refusé, à cause de la mixité (garçons/filles) de cette école. Etait ce la vraie raison, ou tout simplement un prétexte pour me refuser ce désir d'apprendre. Je ne l'ai jamais su.

C'est ainsi que j'ai été amené à travailler dans le milieu agricole.

haies,fagots,fauchage

Mon père en tenue de facteur

 Mon père entre temps étant entré aux PTT comme facteur, c'est ma mère qui s'occupait de la ferme. Chose qu'elle faisait déjà, mon père travaillant dans les exploitations fermières. 

A elle donc la traite des vaches et l'entretien de toutes les terres. A mon tour je me suis mis à la tache, tous les matins les vaches sorties, je devais "curer" (nettoyer) les bâtiments et remettre de la litière pour le bien être des animaux. Je n'ai jamais su traire une vache (volontairement), j'ai toujours évité cette corvée.

Les travaux des étables terminés, je partais aux champs pour entretenir les haies en coupant à la faucille les ronces et autres broussailles que j'avais intérêt à couper au plus près du talus, ma mère venait contrôler le travail, si ce n'était pas bien fait, il me fallait recommencer.

haies,fagots,fauchage

Un lendemain de la fête patronale avec une tante qui verse à boire.

Autre entretien de ces haies, il était nécessaire de les "relever", activité qui consistait à remettre la terre tombée au pied de la haie au sommet du talus à l'aide d'un "louchet" (bêche légèrement cintrée).

Au cours de l'hiver, on coupait le bois. Les branches étaient mises en fagots, serrées avec des liens en bois, tiges souples de bois tendre torsadées.

Les plus grosses branches sciées en bouts pour faire du gros bois qui servait à maintenir le feu dans la cheminée.

Suivant leur importance, les arbres étaient émondés, pour cela il nous fallait monter à même les branches pour atteindre le sommet. Les branches étaient coupées à la hache au fur et à mesure de notre descente, je me tenais aux branche d'une main et coupais de l'autre.

haies,fagots,fauchage

La traite des vaches à la main

Les vaches étaient mises au "piquet" (attachées à une chaîne) dans les prés, nous les changions de place quatre fois par jour pour leur donner une nouvelle "tierrée" (emplacement). Le pré fini de "dépouillé", j'allais "ébouser", ce qui consistait à étaler les bouses de vaches avec une fourche.

Dans les marais, ces bouses étaient récupérées et mises à sécher pour servir de combustible. Le bois était rare dans ces régions.

L'été, la fenaison arrivait, le plus souvent la coupe de l'herbe se faisait à la machine tirée par deux chevaux. Dans certains endroits inaccessibles les prés étaient fauchés manuellement, il m'incombait de prendre la faux pour effectuer ce labeur. En ces fins de journées harassantes, le soir venu me plongeait dans un profond sommeil bien mérité.

haies,fagots,fauchage

Une rateleuse mécanique en pleine action.

Venait alors le séchage du foin, qui par des journées bien ensoleillées était mené rondement. En cas de mauvais temps, le travail était long et nous obligeait à "retourner" au râteau le foin de nombreuses fois pour qu'il soit bien sec.

Un après midi dans un pré assez éloigné de la ferme, une surprise, je venais de terminer une "veillote" (meule de foin) quand une mini tornade est passée emportant dans son sillage le travail que je venais d'effectuer. Je suis resté perplexe devant cet état de fait venant de la nature.

haies,fagots,fauchage

Fauchage du foin à la machine.

De nombreuses anecdotes me sont arrivées lors de ce que je pourrais appeler mon apprentissage d'ouvrier agricole.

Un jour, lors d'une "corvée de fumier", après le charroi de celui-ci dans un pré, pour le retour, j'ai pris l'attelage en main, avec trois chevaux en ligne les guides en main, je menais l'ensemble, mais au passage d'une barrière, la trajectoire n'étant pas parfaite, j'ai emmené le pilier de celle-ci, accroché par le moyeu de la roue de tombereau. Tout cela sous le risée des ouvriers présents.

haies,fagots,fauchage

La mise en rouleaux du foin pour son séchage..

 

A cette époque, le gui n'était pas permis dans les pommiers, les contrevenants risquaient un procès verbal. J'avais la charge de les nettoyer régulièrement. Je grimpais dans les pommiers, un jour, installé dans l'un d'entre eux, je terminais le travail, j'étais perché tout en haut, quand tout à coup la tête de l'arbre a cassé à hauteur du tronc. Attaché aux branches, je me suis retrouvé sur le sol la faucille à la main après une chute d'une dizaine de mètres, sans dégâts importants à part quelques égratignures très légères.

Comme beaucoup de jeunes, nous subissions les aléas de ce monde agricole, c'était le dur apprentissage de ce métier que nous n'avions pas choisi, mais que nous supportions sans révolte.

haies,fagots,fauchage

La récolte du foin

A suivre

 

.

 

Commentaires

Oh oui, j'attends la suite ...ça le rappelle mon enfance et les photos de famille.
Je n'ai pas tout connu, bien sûr mais simplement l'étable, la traite à la main, le nettoyage et le tas de fumier dans la cour....
Tout cela était "beau" ça sentait bon la paille, la vache, la chaleur du lait....
Merci pour ces récits qui nous racontent notre histoire....je suis sûre que les "jeunes", ceux qui n'ont pas connu auraient beaucoup à y comprendre.
Merci pour ce témoignage et à bientôt pour la suite.

Écrit par : Anne Marie | 30/05/2012

c'est vraiment remarquable ce beau recit , quelle vie, comme tu dois sourire devant nos generations nouvelles de revoltés pour une mouche qui vole et de fatigués de naissance!
bises

Écrit par : josette | 01/06/2012

Juste une remarque ami Bernard
La mise en rouleaux du foin pour son séchage..,a mon avis non mais les roules étaient faites pour ramasser le foin avec le char au milieu.
J'ai mené comme toi la ratelleuse on tirait sur la poignée pour raccrocher le foin et le déposer pour faire la roule.ça me rappelle de bons souvenirs et j'ai encore l'odeur du foin dans les narines 50 ans après .Le pire c'était quand il fallait empiler ce foin en vrac dans la fenière qu'est ce que l'on pouvait manger comme poussière et bien sur il n'y avait pas de douche après.Bonne journée

Écrit par : heraime | 02/06/2012

Cher Ami

Il s'agit bien de rouleaux pour sécher le foin,il nous arrivait de les retourner trois à quatre fois,celles pour ramasser ce foin étaient beaucoup plus grosses. Ce foin n'était pas rentré en vrac mais en bottes,un bon botteleur en faisait environ mille dans sa journée, il etait payé à la tâche.

Écrit par : bernard | 02/06/2012

Salut Bernard
Excuse moi alors ,je pensais que vous faisiez comme chez nous.
Ce devait être des petites bottes d'une vingtaine de kgs .
Mais tu peux me croire en vrac c'était de sacrées corvées.
Je me souviens d'avoir fait un qui ne passait pas entre les portes de grange et il avait fallu le passer au râteau plusieurs fois avant qu'il puisse rentrer.
Amitiés du Forez

Écrit par : heraime | 06/06/2012

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique