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21/05/2012

AU DEBUT DU SIECLE DERNIER EN COTENTIN (chapitre 20)

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

 

 

 

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UNE ADAPTATION FACILE

 

Chapitre vingt

 


Bien installés, nous nous sommes bien habitués à ce nouveau lieu, dans cette nouvelle ferme la vie a repris.

Le troupeau de mes parents a atteint les dix vaches, les jeunes élevées précédemment étaient arrivées à l'âge de la reproduction.

L'âne était toujours là et continuait son travail, tirant la charrette pour divers travaux.

 

 

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Troupeau de vaches en liberté dans les prés

 

Un cochon est arrivé dans la petite porcherie pour un engraissement qui le conduira sur la table familiale.

La basse cour à nouveau garnie, fournissait oeufs et volailles très appréciées en rôtis ou en poules au pot.

Une nouveauté, l'arrivée des oies peu appréciées de ma jeune frangine. Elles couraient derrière elle pour lui pincer les mollets. Pour leur sacrifice, c'était souvent moi, qui avec ma mère étions charger de les tuer. Je tenais l'animal par le corps, tandis que ma mère lui tenait le bec le cou allongé sur le billot de bois, qu'un coup de hache viendra trancher. L'oie se débattait fortement, il m'arrivait de la lâcher et parfois elle faisait quelques mètres sans tête. Après  venait le plumage. Le duvet récupéré servait à remplir les oreillers.

 

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Les oies de la ferme

J'ai été très bien admis à l'école, j'avais de nombreux camarades avec lesquels règnait une très bonne entente. Pour quelques uns, j'étais même leur confident. Certains ayant "une petite amie", me demandaient de leur écrire leurs "lettres d'amour", qu'ils faisaient parvenir à l'intéressée dont l'école se trouvait à côté de l'église, sur le versant opposé de notre école, où se trouvait également un château habité par des nobles.

C'étaient le plus souvent nos camarades filles qui habitaient près de chez nous, qui faisaient office de facteur. Les écoles filles et garçons étant assez éloignées l'une de l'autre, le contact entre garçons et filles était  difficile, d'où cet échange de billets doux.

Lorsque la correspondance cessait, j'étais à peu près certain que les amours étaient "cassés". Souvent la correspondance reprenait, le camarade ayant trouvé une nouvelle élue.

 

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Deux classes d'élèves vers les années  1935

Malgré la communion faite et notre changement de domicile, il me fallait toujours accomplir mon devoir religieux en assistant aux principaux offices, la messe et les vêpres. Aucune dérogation obtenue de la part de ma mère. Cette obligation était pour moi comme pour d'autre une corvée.

C'est ainsi qu'un jeune camarade, fils de cheminot, qui préparait sa communion s'est esquivé de l'église au cours des vêpres, le curé l'a vu partir, une course poursuite s'est déroulée pour le rattraper. Il avait fui à travers un pré bordant la rivière, il a été rattrapé avant de la franchir, et ramené dans les lieux saints par le prêtre et un jeune séminariste, l'un le tenant par les épaules et l'autre par les pieds. Ainsi nous avons vécu un intermède au cours des vêpres dont le spectacle nous a fait bien rire.

 

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L'entrée du château de Moon -  sur - Elle

Dans notre classe, nous travaillions dur, la date du certificat approchant, nous savions que le maître nous présenterait tous à l'examen, chacun ayant une chance d'être reçu. Chance que je n'aurai sûrement pas eu dans mon ancienne école, le maître sélectionnait les élèves qui avaient vraiment une chance d'acquérir ce diplôme, l'instit pouvant se glorifier de ne pas avoir eu de recalé.

Le grand jour enfin arrivé, je me suis retrouvé dans mon ancienne école, l'examen se passait dans le canton. C'est anxieux que j'ai pris place dans la classe, sachant que si je faisais trois fautes dont deux de verbe j'étais éliminé, ce qui m'obligerai à refaire un an d'école.

L'examen terminé et après une attente dans l'impatience, nous avons eu les résultats. J'étais parmi les élus, malheureusement deux de mes camarades n'étaient pas reçus. Ils l'ont été l'année suivante.

 

 

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Mon diplôme de certificat d'études

Je n'avais pas encore douze ans, une autre vie allait commencer...

A suivre......

Commentaires

J'ai moi aussi le même diplôme. De mes parents(ouvriers très modestes) c'était maman qui en était la plus fière.J'aime beaucoup ce récit. Monique Ruiz

Écrit par : Monique Ruiz | 21/05/2012

C'est beau
Catherine

Écrit par : LADY CATHERINE | 22/05/2012

Bonjour Bernard


Dire que trois fautes te faisaient recaler !! Il n'y aurait plus beaucoup de jeunes de 12 ans qui seraient reçus aujourd'hui !! Je ne me souviens pas que c'était si sévère. Il me semble que 5 fautes à la dictée entrainaient un zéro, pas 3.

Une guerre sépare nos "certifs" J'ai passé le mien en 46, sur un brancard, blessé (de ma faute dans une fosse à purin) à un genou qui s'était infecté et une jambe raide. On parlait d'amputation !!!! Heureusement, les bains et les pommades m'ont guéri.
C'est à cet âge que vraisemblablement nos modes de vie ont changé. Jusqu'au Certificat, les jeux, les souvenirs d'école la séparation entre filles et garçons, les jeudis dans la campagne et les travaux au jardin, tout cela se ressemble assez.

Merci pour cette tranche de vie, même si ton avenir n'a pas été dans le P.T.T

Amitiés

Christian

Écrit par : Christian | 22/05/2012

Bonjour Christian.

Je n'ai jamais été dans les P.T.T. mais mon père était facteur et tous les jours il faisait une tournée d'environ quarante kilomètres en vélo. J'avais un frère également facteur.J'ai du mal tourné.

Amicalement

Écrit par : bernard | 22/05/2012

Bonjour,
J'ai moi aussi passé mon certificat d'étude avant le BEPC cela rappelle des souvenirs... A cette époque, il y avait l'école de filles et l'école de garçons l'une à côté de l'autre, il y avait le silence dans les rangs et les coups de règles, et attention à l'orthographe, aux taches sur les cahiers, car on faisait le tour de la cour avec le cahier attaché dans le dos ! je souris aujourd'hui, à l'évocation de ces souvenirs.
merci pour cette jolie note
bises
Christiane

Écrit par : Christiane | 23/05/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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