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11/03/2012

AU DEBUT DU SIECLE DERNIER EN COTENTIN

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

 

UNE AUTRE ECOLE L'EGLISE

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Chapitre douze

 

Dans ma jeunesse d'écolier, si je n'ai eu qu'un seul diplôme méritant un encadrement, ce n'est pas celui de mon certificat d'études primaires (CEP), mais celui dnumérisation0027.jpge ma communion solennelle, dont d'ailleurs aujourd'hui j'ai perdu la trace et qui, en tout état de cause n'aurait pas servi à grand chose dans ma vie professionnelle, celui de mon CEP étant plus important.

 

Pour mes parents, s'il fallait apprendre les leçons d'école, celles du catéchisme étaient prioritaires, il fallait apprendre les commandements de Dieu et de l'église par coeur et là aucune faveur de ma mère ou c'était la punition comme décrite dans un chapitre pnumérisation0026.jpgrécédent.

 

Ma mère était catholique non pratiquante, comme d'ailleurs dans de nombreuses familles nous entourant. Mais véritablement chrétienne au sens propre de la Bible ? je ne le pense pas. Dans les familles aisées, c'était à un autre échelle avec la supériorité en plus, mais le résultat était le même.

 

A la maison avant d'aller au lit dormir, la prière du soir était de rigueur et il ne suffisait pas de "marmonner", il fallait la réciter à haute voix. Celle du matin on pouvait l'esquiver, ma mère étant partie traire les vaches, il était facile de passer au travers.

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Dans ce milieu agricole où nous habitions la majorité des habitants fréquentait l'église, et mal vus étaient ceux qui se mettaient hors chemin de cette religion chrétienne. La différence de classe était encore plus importante suivant la richesse de chacun, là apparaissaient nettement les notions de "Noblesse, Clergé et Tiers Etat".

D'ailleurs pour les enterrements existaient trois classes :

Pour la première classe, tous les apparats de l'église étaient sortis, les oriflammes et autres draperies brodées d'or remplissaient le choeur et la nef de l'église. Le curé et les chantres portaient leurs plus beaux atours, chantant les plus beaux psaumes demandant au Christ le pardon pour les péchés du défunt. Les enterrements de cette importance n'étaient pas nombreux, il fallait en avoir les moyens.

Les plus courants étaient les deuxièmes classes, avec certes beaucoup moins de fastes mais beaucoup plus abordables.

Et enfin la troisième classe, celle des pauvres et des indigents : une messe vite dite, en présence d'un chantre et de deux enfants de choeur, et là aucune fioriture dans l'église, une petite volée de cloches pour quand même signaler la mort d'un habitant de la commune.

Lors des grands enterrements, la place de l'église était remplie de voitures hippomobiles, carrioles, cabriolets etc.. La cérémonie était très longue, de nombreux chevaux étaient dételés et attachés aux anneaux scellés dans le mur du cimetière.

Pour entrer dans l'église, beaucoup de femmes portaient le voile : carré de tulle noir fixé sur le chapeau et retombant sur les épaules, cachant ainsi le visage. Certaines le portaient pour deuil, ayant perdu un être cher, d'autres le portaient pour coutume catholique.

Ecoutant "les ragots" des grandes personnes, on apprenait que celles-ci n'étaient pas les plus vertueuses mais souvent les plus perverties, c'était une façon comme une autre de cacher ses défauts.

La cérémonie terminée, tout ce beau monde se retrouvait sur la place de l'église, les femmes bavardant, disanumérisation0028.jpgnt du bien ou du mal du défunt qu'on venait d'enterrer, ou racontant les petits potins souvent amplifiés.

Les hommes n'étaient pas en reste, discutant de la pluie et du beau temps à venir en pensant aux futures récoltes, ou bien se retrouvaient autour d'un pot de cidre au bistrot de la place avec la pensée du devoir bien accompli.

 

Autre habitude dans ce milieu rural, "le panier du curé", coutume ancienne qui avec le denier du culte devait permettre aux prêtres de la paroisse de subsister et de vivre assez honorablement. Chaque dimanche avant la grand messe, les paroissiens apportaient au presbytère victuailles et autres produits de qualité que la bonne du curé, souvent très bonne cuisinière, savait transformer en excellents plats qui tout au long de la semaine permettait de menenumérisation0024.jpgr bonne vie en attendant le dimanche suivant.

Tous ces dons ne venaient pas seulement de ceux qui en avaient vraiment les moyens, mais aussi de familles peu aisées qui faisaient un sacrifice pour leur prêtre, se privant d'une poule ou d'un autre animal de leur petite production, accomplissant ainsi un devoir religieux envers le représentant de leur culte. Ne pas le faire aurait été une non croyance envers l'église.

C'est ainsi que j'ai connu l'église dans mon enfance, avec les inégalités engendrées par celle-ci.

A suivre.....

Commentaires

Coucou du soir !
Je me souviens des messes dans mon village franc-comtois , les filles avec le foulard sur la tête à gauche et les hommes à droite eux découverts de la tête . Le clergé en a bien profité en ces temps là . Bonne soirée et bizoux à vous deux !

Écrit par : françoise la comtoise | 11/03/2012

Le monde de l'église a bien changé, comme dit Françoise, les filles d'un côté, les gars de l'autre, la croyance n'a pas rattrapé les jeunes qui ne s'occupent plus de tout ça. A l'ancienne époque il ne fallait pas plaisanter avec la religion.



Bonne soirée et nous y croyons tous.

Écrit par : judith | 11/03/2012

Bonjour, je crois que çà va être encore ma journée "questions" sur ce blog...mais ma vie est ainsi faite que de questions,
je suis la Dame qui connaît maintenant grâce à vous où se situe le Cotentin
les blogs tels qu'ils sont formulés dans blog50 par exemple sont une mine de savoir (du moins pour moi) vue nos différences, nos cultures, nos vies
alors j'ai encore Ma question pour vous si vous ne vous moquez pas trop de moi, ou pour vos amis lecteurs :
- vous écrivez "ma mère était catholique non pratiquante mais véritablement chrétienne"
alors là dites moi qu'est la différence entre être catholique et être chrétien et au passage être protestant, puisque pour moi chez les protestants il y a "du chrétien"
je m'exprime mal
mais je suis prête a lire pour en savoir plus
merci
Catherine

Écrit par : LADY CATHERINE | 12/03/2012

Les chrétiens appatiennent à l'une des religions issues de la prédication (du prêche) du Christ, les catholiques, les protestants en font partie ainsi que d'autres que je ne connais pas.
( ma mère croyait en Dieu sans pour cela aller prier à l'église)

J'espère avoir répondu à ta question.

Bonne soirée

Bernard

Écrit par : bernard | 12/03/2012

Bonjour Bernard

Mes soeurs et mes frères ont tous fait comme moi la communion solennelle et la confirmation, les filles avec les robes blanches et les garçons avec le brassard blanc, les cheveux coupés et collés avec de la gomina pour qu'ils restent en place, le cierge à la main et en procession. Il y avait eu une semaine de retraite, avec monsieur le curé, où nous avons tous appris à servir la messe, réciter outre les deux prières du Notre Père et Je vous salue Marie, le Crédo, le Confiteor et les réponds de la messe, tout cela en latin. Fallait pas badiner avec la baguette d'osier du curé, sur les mollets quand on se trompait, et les séances à genoux sur une règle.

Bref, mes parents n'allaient à l'église que dans les grandes occasions, alors que mes tantes y étaient tous les dimanches, faisaient bénir le buis des rameaux, faisaient carême et donnaient aux pauvres.

A la majorité, j'ai découvert qu'il n'y avait pas qu'une seule vérité dans la foi.

Amitiés

Christian

Écrit par : Christian | 13/03/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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