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26/02/2012

AU DEBUT DU SIECLE DERNIER EN COTENTIN

LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

LA DURE VIE DES PAYSANS

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Dans les nombreuses familles agricoles, la vie était difficile, les salaires des ouvriers étaient peu élevés, il fallait compter. La nourriture était frugale et sur les tables était très souvent servi un plat unique. La viande rare, les volailles élevées sur place venaient compenser ce manque.

Il y avait le cochon élevé avec tous les restes , qui une fois engraissé était tué et sa viande conservée dans un récipient en grès, "le pot à lard" où elle baignait dans la saumure. Chaque semaine au menu figurait un morceau de "lard salé" accompagné de pommnumérisation0059.jpges de terre.

Le dimanche, de tempnumérisation0054.jpgs en temps un pot au feu, souvent accompagné d'un morceau de mamelle de vache offerte par le boucher ou bien une courée de porc ou de veau (poumons, coeur, langue etc..) préparée en ragoût.

Le reste de la semaine on se contentait d'un plat de haricots secs "les Soisson" ou de bouillie de sarrasin.

Quand c'était la saison, apparaissaient sur les tables les harengs: poisson peu cher. Déssalés et ensuite fumés dans la cheminée, ils étaient grillés sur les braises et servis en vinaigrette.

Comme fruit, des pommes de garde du verger que l'on conservait à la cave sur un lit de paille.

La boisson était du cidre ordinaire avec de temps en temps du cidre bouché mis en bouteilles par l'ouvrier lui-même.

Le soir était servie la soupe, potage fait avec les légumes du jardin et du pain mis à tremper dedans pour lui donner de la consistance.

N'aimant guère les poireaux, nous les mettions sur le bord des assiettes, ma mère nous surveillant "raclait" ceux-ci, et remis dans le potage nous étions obligés de les manger sans trop de plaisir.

Souvent une tartine de confiture ou de beurre finissait le repas.

 

Les vêtements étaient portés jusqu'à l'usure, ils étaient transmis d'un enfant à l'autre. A l'époque les maillots de corps et les slips nous étaient inconnus, du moins chez les ouvriers.

Les familles les plus démunies, nécessiteuses recevaient quelques fois des vêtements venant de certaines familles aisées que leurs enfants ne portaient plus, ce qui les aidait beaucoup.

Dans les maisons, pas de douches, pas de sanitaires; Chez mes parents nous étions lavés une fois par semaine, un grand baquet servant de baignoire , installé dans la cuisine pièce unique. Il était rempli d'eau chauffée dans la cheminée. A tour de rôle nous passions au bain, après avoir été bien frottés, nous étions rincés avec l'arrosoir du jardin, avec souvent de grands cris quand l'eau était trop froide.

Le WC était au fond du jardin, une simple cabane en bois avec à l'intérieur une grand planche servant de siège, de là tout partait dans la nature. Pour la nuit un seau hygiénique pour la "chambrée", le matin ma mère allait le vider entre les rangs de poireaux pour parait-il les engraisser.

 

Souvent dans les famille régnait une éducation très sévère, pourquoi ? Je n'ai jamais pu le découvrir

 

. Peut-être que pour nos parents il fallait n'avoir aucun reproche de la société "supérieure" ou être leurs égaux. En conséquence nous e

 

n subissions tous les aléas.

 

Chez nous, les punitions peut-être normales pour l'époque, ce que je doute, mais qui seraient intolérables aujourd'hui. Pour la moindre petite bétise, un châtiment exemplaire; la bûche de bois, digne de certaines tortures: A genoux pendant vingt

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minutes et plus , sur le côté tranchant de ce morceau de bois, en se tenant bien droit. Au moindre relâchement, ma mère qui veillait aux alentours nous assénait un bon coup de trique (branche de bois) sur les épaules pour nous rappeler à l'ordre. Souvent c'était une bonne volée de coups de trique qui nous arrivait dessus à la moindre bévue, cela suivant l'humeur de ma mère. De mon père, nous n'avons jamais eu à nous plaindre, à part quelques coups de casquette sans gravité.

Pour ma mère, ce devait une façon de nous dresser pour affronter la vie et savoir obéir, se soumettre aux autres, les employeurs entre autres. Ne nous disait-elle pas : "tu verras quand tu seras au travail".

Une autre punition parmi tant d'autres ; le sarclage des poireaux, enlever les ordures sans arracher les plants très petits de ses semis. Chose ingrate à effectuer. Si certains se retrouvaient parmi les ordures, une autre planche à sarcler nous attendait, d'où la plus grande vigilance d

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e notre part.

Il nous arrivait de passer la journée du jeudi dans le jardin pendant que les copains s'en donnaient à coeur joie à jouer ensemble, alors que nous étions punis pour des choses futiles en réalité sans conséquences, mais de la part de ma mère c'était ainsi OBEISSANCE.

 

Autre travail, pas toujours par punition mais souvent obligatoire, "le tillage" des feuilles d'ormes. Nous allions sur les haies environnantes où poussaient les ormes, sur les jeunes tiges, d'un geste partant de la base de la branche et remontant vers le bout, nous arrachions toutes les feuilles. Une fois cueillies, elles étaient hachées et mélangées à de la farine d'orge et de petit lait, le tout formant une pâtée donnée au cochon pour son engraissement.

 

Notre maison était entourée de champs de céréales, soit de blé, de l'orge, de l'avoine, du sarrasin (blé noir). Ma mère nous emmenait glaner avec elle, et cela des après midi entiers à ramasser sur le sol les épis abandonnés par les moissonneurs. Nous formions des petits paquets ressemblant à un bouquet de fleurs. Ramassés, ils étaient stockés dans un lieu sec et servai

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ent de grain pour nourrir les poules. Ces après-midi de cueillettes terminés, nous étions comme on dit vulgairement complêtement éreintés. C'était un travail auquel nous ne pouvions échapper, et combien d'autres travaux et punitions que nous avo

 

ns subi dans notre enfance.

 

Etait-ce un bien ou un mal? Cela je ne saurai le définir. Une seule chose : ma mère je l'ai toujours respectée c'est tout. N'ayant reçu de sa part aucun élan de tendresse.

Nous n'étions pas les seuls, la vie était difficile dans ce milieu agricole, il fallait survivre, il fallait travailler dur pour faire vivre la famille, le travail passait en priorité, les sentiments venant bien après.

Un existence de la vie de l'époque que j'ai vévu comme tous ceux de notre milieu agricole.

Ainsi allait la vie.

 

A suivre .....

Commentaires

Cela ressemble beaucoup à l'éducation et à la façon de vivre que j'ai vécu dans mon Aveyron natal.Mes parents, très modestes mais très sévères, surtout papa, m'on appris le gout du travail, l'honnêteté et le respect des autres. Grace à cette éducation, et à force de travail j'ai fait ma petite place au soleil, je ne les remercierais jamais assez.Si aujourd'hui il y avait moins de permissivité notre société ne serait pas là où elle en est. Monique Ruiz

Écrit par : Monique Ruiz | 26/02/2012

Bonjour j'aime bien vous lire même si parfois je n'écrit pas toujours
continuez, vos photos sont merveilleuses, moi depuis le décès de mes parents et mes déménagements je ne sais plus où sont les photos de famille...vous êtes témoin(s) et passeur si vous avez des enfants et des petits faites un genre de truc pour qu'eux ensuite n'oublient pas d'où ils viennent, laissez des témoignages car vous racontez très bien et surtout votre mémoire est incroyable, je conjure mon ami/mon père de 84 ans né en 1928, d'écrire et celà depuis de longues années, j'essaie de l'enregistrer au magnétophone, j'ai tout acheté pour, des livres qui aident a faire nos mémoires seul, j'ai fait venir un écrivain qui écrit les mémoires des autres, il a commencé a faire un blog, puis s'est arrêté, rien je n'arrive pas a le faire nous transmettre
et pourtant avec la mémoire des souvenirs au moins jusqu'à ses grand parents que de savoir à transmettre, mais rien à faire, pourtant qu'elle vie il a eu lui même, car c'est un homme avec un qi supérieur, et ses anciens du fait que juifs avec les différents pays où ils ont vécu et ont été chassés, cette multi culture, espagnole, turque, italienne et française quelle richesse!
incroyable les fleurs de votre jardin!!
Cotentin je suis nulle en géographie vous êtes dans quel département
ou sans en dire de trop vers quelle grande ville? si vous me répondez je n'arrive pas a avoir le fil des commentaires de blog50 pourriez vous soit me répondre par mail ou sur mon blog
merci de m'avoir lue

Catherine

Écrit par : LADY CATHERINE | 26/02/2012

BONSOIR
Je vois l'ami que tu faisais comme moi à table avec les poireaux.Je ne les aime pas c'est ainsi.
Pas de coups de triques chez nous ,seul le martinet auquel je coupais volontiers les lanières
me laissait des marques sur les cuisses .
Pas facile la vie des paysans à cette époque .Bonne journée

Écrit par : heraime | 26/02/2012

Je viens aujourd'hui de découvrir votre blog. J'aime bien le récit de votre vie à la campagne.
Certains évènements ou faits comme tuer le cochon, faire cuire les pommes de terre dans la cendre, me rappellent la vie chez ma grand'mère. Cependant nous n'étions pas aussi durement réprimandés par notre mère, mais c'était les années après-guerre et nous étions plutôt choyés.
C'est un beau récit.
Bonne soirée.

Écrit par : pimprenelle | 26/02/2012

Bonjour Bernard

Tu as eu une vie bien plus rude que la majorité des Français. Si j'ai reçu des corrections, elles n'ont jamais été aussi sévères que celle de se tenir à genoux sur un tranchant de buche. Ca doit faire un mal de chien !!! Sans doute ta maman avait été elle aussi élevée sans tendresse et ne savait pas la transmettre.

Bonne semaine

Chrisitan

Écrit par : Christian | 27/02/2012

Bonjour Bernard
et merci pour vos mots sur mon blog
je suis super nulle en géographie c'est ce qui m'ennuie sur blog50 et au delà
arriver a situer les amis virtuels
qui parfois sont si proches de nous ou d'un lieu de ballades ou vacances
et nous pourrions avec leur accord leur rendre visite
c'est vraiment ce qui me dérange le plus
des commentaires de leurs régions et souvent pas de carte pour arriver a s'y retrouver
alors je trouve que nous passons a côté de beaucoup
ou alors mettre chacun une carte de notre région dans notre à propos en tête de blog????
a bientôt
Catherine

Écrit par : LADY CATHERINE | 27/02/2012

j'ai lu votre note et j'ai vu repasser des moments de mon enfance Fille de paysan dans la Meuse nous étions 6 filles et de ce fait devions travailler à la ferme
Je me souviens de ma grand mère paternelle tres dure qui nous faisait glaner les épis de céréales restés sur le sol comme vous , les jambes blessées par les éteules
les rangs de betteraves et de pommes de terre à piocher( tout tournait quand on se relevait)
Le martinet et les punitions par toujours méritée
la vie était dure mais je crois que cela m'a armée pour la vie que j'ai eue ensuite
Bonne journée Brigitte

Écrit par : fleurbleu | 29/02/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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