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02/02/2012

AU DEBUT DU SIECLE DERNIER EN COTENTIN

   LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

   LES SORTIES ET LES PLAISIRS DE MON ENFANCE

                                                                                      

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                                                                                                                                                                       chapitre sept

 

  Peu de sorties dans notre jeune enfance, tributaires des autres pour sortir il fallait emprunter un cheval et une carriole, ainsi, nous pouvions rendre visite au grand père et à la grand mère. Nous mettions deux bonnes heures pour faire le trajet au trot du cheval.

Pour ce prêt, mon père devait faire une corvée de travail pour le fermier ayant prêté l'attelage. Pour nous les gamins, ces voyages vers d'autrenumérisation0111.jpgs lieux étaient à chaque fois une découverte.

La maison du grand père se trouvait à une centaine de mètres de l'entrée du marais, je la vois encore avec sa vigne accrochée sur la façade, à l'automne nous dégustions ses grappes avec modération, la grand mère veillant avec sévérité.

Pour nous, le marais était fascinant. L'été avec ses vastes prairies où paissaient tranquillement les troupeaux de vaches normandes. L'hiver, avec cette immense étendue d'eau qui s'étalait à l'infini. De ce marais j'ai appris beaucoup de choses; écoutant les gens du cru parler de leurs histoires, souvent légendes ou sorcellerie (de cela j'en parlerai dans un prochain chapitre).

J'ai connu la mer vers l'âge de huit ans. Un beau matin, toute la famille a embarqué dans la voiture de l'oncle, le charcutier qui habitait au bourg. Nous avons pris la route de la côte pour le port voisin, distant d'une trentaine de kilomètres. Ce jour là, j'ai écarquillé les yeux en découvrant cette mer en mouvement. Sous l'oeil de ma mère, nous avons découvert le port avec ses bateaux en bois, des petits et des plus grands avec des mats portant des voiles blanches ou grises, quelques unes étaient brunes. Mais interdit d'aller à moins de trois mètres du bord du quai, ma mère veillait, nous aurions pu tomber dans le port.numérisation0041.jpg

Le repas du midi fut sorti du panier de l'oncle, avec de bonnes charcuteries. C'est sur le muret du bord de la digue que nous avons déjeuné. La mer qui battait au pied de la digue nous envoyait quelques embruns au goût de sel sur le visage.

Après avoir bien marché, nous sommes revenus tout fourbus en ayant découvert une chose merveilleuse, ne demandant qu'à, y revenir.

Ce sont des souvenirs peu nombreux, mais qui resteront gravés dans ma mémoire.

L'hiver était triste et nous avions peu de choses pour nous occuper. Avec le froid, nous étions vite rentrés de l'école, pour à la maison profiter du feu de cheminée, ensemble autour de l'âtre qui nous donnait une chaleur devant et le froid derrière, la chaleur partait directement par le conduit sans chauffer la maison. C'est là que le soir, à la lueur de la lampe nous apprenions nos leçons d'école. Quelque fois une corvée nous attendait: l'écossage des haricots pour le repas du lendemain. Ma mère nous apportait des paquets de haricots mis à sécher durant l'été, et là, à nous d'ouvrir les cosses pour récupérer les grains. Avec les "gros Soissons", le travail était facile, mais "les petits haricots blancs" étaient plus récalcitrants à ounumérisation0067.jpgvrir et souvent nous occasionnaient des coupures aux doigts. Il nous en fallait une grande quantité, la famille était nombreuse.

Les hivers étaient rigoureux et la neige très souvent présente. Le jeudi le jour où nous n'avions pas classe, notre occupation était d'attraper des merles et des grives. A cette époque, les oiseaux étaient nombreux.

Pour ce mode de chasse, nous dégagions la neige sur une certaine surface pour installer une trappe: montant de bois  d'environ un mètre carré, recouvert d'un grillage à lapins de récupération. D'un côté, la trappe était posée sur le sol déneigé et l'autre bout surélevé et soutenu par un bâton de bois, souvent un bout de vieux manche à balai d'une cinquantaine de centimètres de long.  A l'extrémité de ce manche était attaché une ficelle que nous déroulions jusqu'à une vieille cabane qui nous servait de gué. Des pommes à moitié pourries étaient placées sous ce piège comme appâts. Attirés par cette nourriture providentielle, les oiseaux venaient picorer, à ce moment la ficelle était tirée et les oiseaux pris au piège.

Après les avoir plumés et vidés on les cuisait en papillotes dans l'âtre sous la braise, ils étaient vraiment délicieux à croquer.

Les papillotes étaient faites du papier métal qui enveloppait les tablettes de chocolat "Meunier", celui ci était finement râpé sur les tartines de pain et beurre de notre goûter.numérisation0039.jpg

A un âge plus avancé, nous allions jusqu'à la rivière, et notre plaisir était, avec quelques copains de s'asseoir sur la berge les pieds baignant dans l'eau. Là, des petits poissons "les vairons" venaient nous mordiller le bout des doigts de pieds, quelques fois, une bonne vingtaine tournoyaient dans l'eau claire autour de nos orteils. Il nous arrivait de les pécher. pour cela une bouteille en verre (le plastique n'existait pas),  dans le fond était pratiqué un trou d'environ trois centimètres. Attaché à une ficelle, le flacon était descendu au fond de la rivière, les poissons attirés par un morceau de pain mis à l'intérieur passaient par l'orifice et étaient pris au piège. Il nous restait plus qu'à les récupérer et essayer d'en faire une petite friture.

Ce sont les souvenirs de la vie des gens de la terre de mon jeune temps que j'aime vous faire partager.

 

                          A suivre.............. 

Commentaires

decidement je me regale a cette lecture, fille de la ville , mais de la ville de l'époque ou on a trois poules et 5 toits de lapins ,ou le jeudi on monte sur la charette à bras pour partir couper l'herbe aux lapins , on revient avec la remorque pleine de sacs qu'il faut vider pour secher l'herbe puis l'engranger pour les lapins ...on ramène aussi un panier plein de salade de la doucette ou du pissenlit ou encore de la mache de plein champ ..
sur place on a gouté avec du pain du chocolat meunier, dont on ne jette pas le papier alu ...et un coup d'eau qui a gout de "bidon" ...
je t'embrasse ainsi que Jacqueline

Écrit par : josette | 02/02/2012

mon grand père me parlait souvent de ces grives prise au lacet on appelait ça en patois des seraines.et les grives des babias.
j'aime beaucoup te lire.
bonne soirée Bernard

Écrit par : heraime | 02/02/2012

Bonsoir Bertrand

Tu racontes bien cette vie d'antan que personne maintenant ne connait plus, tout au moins en France. C'est pas pour autant qu'il n'y a plus de gens qui galèrent, bien au contraire. Il ne devait pas y avoir de SDF dans tes jeunes années. Même si j'ai eu une enfance incomparablement plus aisée que la tienne, je ne me souviens pas d'avoir vu des gens dormir dans la rue comme maintenant...

Les grives et les merles, c'étaient les hommes qui les chassaient avec des carabines de 6 mm, au poste, avec des appelants. Nous , on dénichait des pies, et les plus adroits leur apprennaient à parler !!

Merci pour ce beau récit

Christian

Écrit par : Christian | 03/02/2012

Bonsoir Christian,
Certes il n'y avait pas de gens qui dormaient dans la rue comme aujourd'hui, mais j'ai connu des vagabonds qui passaient dans nos villages avec leur "bisac" sur le dos. Ils dormaient dans les granges, recevant de quoi manger par les villageois. Cela était une autre époque aujourd'hui disparue.
J'ai aussi dressé des pies, des corneilles qui allaient même combattre leurs congénères, mais qui réintégraient notre logis familial en cas de coups durs. On élevait aussi des chardonnerets qui aujourd'hui ont malheureusement presques disparus.
Ce sont des choses que j'aurai pu développer d'avantage dans mon blog.

Amicalement Bernard

Écrit par : MORIN Jacqueline | 03/02/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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