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23/01/2012

AU DEBUT DU SIECLE DERNIER EN COTENTIN

        LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLEnumérisation0043.jpg

 

        LA CLASSE EN CE TEMPS LA

                                                                                                                                                                         chapitre 5

A cette époque, les maths modernes étaient complêtement ignorées de nous. Calcul, arithmétique, géométrie, étaient nos seules connnumérisation0044.jpgaissances avec tout ce que cela comportait: les fractions, qui n'étaient pas mes favorites, le calcul mental, les tables de multiplications à apprendre par coeur. Suivant les cours, nous apprenions le calcul des angles, des volumes, les surfaces, les circonférences etc.. Tout se suivant au gré de l'avancement de l'année scolaire.

Un exemple de problèmes: Un ouvrier travaille 300 jours par an, il emploi 1/3 de son salaire pour sa nourriture, 1/6 pour son logement, 1/4 pour ses vêtements et 1/8 en frais divers. A la fin de l'année, ses économies s'élèvent à 930 francs. Quel a été son gain journalier ?

Tous nos devoirs sur les cahiers étaient écrits à la plume, dans la table un trou où se logeait l'encrier. Celui- ci était en faïence. Il était rempli d'encre violette préparée par l'instituteur avec de la poudre et de l'eau. Le tout était mis dans une bouteille avec un bec verseur. Nous nous servions d'un porte-plumes en bois au bout duquel se trouvait une plume, en général une "tremplin", la "sergent majort" étant peu utilisée.

Pour le calcul mental et certains autres devoirs, nous nous servions d'une ardoise, celle-cnumérisation0114.jpgi encadrée de bois. Pour écrire dessus, une mine ardoise que nous mettions dans un porte mine le "bibosse".

Dans la classe, cinq rangées de tables de deux élèves, une par cours.

Au fond de celle-ci le classique poêle à bois qui chauffait la classe.

Le soir il nous fallait balayer le sol après un arrosage pour éviter de lever la poussière, et essuyer le tableau. Le travail se faisait par roulement.

Avec la sévérité du maître, le travail était studieux, à part quelques incidents qui de temps en temps perturbaient la classe, surtout à la saison des hannetons. presque tous en possédaient. Nous en attrapions sur les branches des haies, surtout l'aubépine où ils se plaisaient . Logés dans les cartables, certaines boites s'ouvraient et tous les insectes s'envolaient et la classe était remplie d'un vrombissement inattendu. Les fautifs ne tardaient pas à recevoir leur punition infligée par le maître; pas moins de cent lignes à copier.

Dans la cour de récréation, les hannetons étaient attachés par une patte avec un fil pour les faire voler et tourner en rond autour de nos têtes. C'était un de nos jeux de printemps.numérisation0047.jpg

Les jeux de billes étaient à la mode surtout l'hiver. Ces petites boules rondes étaient en terre cuite et de différentes couleurs, il y en avait de plus grosses les "calots" . Beaucoup y jouaient avec très souvent la perte de leur mise, comme aux jeux.

Un jeu plus "sportif", celui des pissotières. Il nous fallait pisser le plus haut possible, celui qui arrivait à uriner au dessus du mur sur lequel étaient adossés les urinoirs était vraiment un champion.

Un autre jeu, celui des toupies qui tournaient allègrement sur le sol en ciment du préau. Il en existait deux modèles, celle que l'on faisait tourner avec un genre de fouet en la frappant fort, on la faisait parcourir sans s'arrêter la longueur du bâtiment avec des allers retours. Sur la deuxièmenumérisation0048.jpg, on enroulait une ficelle genre cordonnet, et lancée avec force, elle tournait un bon moment. Le bout de chacune était "ferré" avec un clou plus ou moins gros. 

Parfois, celle frappée avec le fouet partait à toute vitesse et allait frapper les vitres de la cantine. Résultat: interdiction de jouer à la toupie pendant une quinzaine de jours. 

Après la classe, il nous arrivait de flâner dans le bourg, nous allions voir le boulanger dans son fournil, et très souvent nous repartions avec un bout de pâte à pain que nous mangions comme ça, c'était un plaisir.

De nos parents nous ne recevions pas de sous pour nous offrir quelques bonbons. Il m'arrivait d'en profiter à certains moments: des camarades assez aisés avaient de l'argent, quelque fois sûrement pris en douce chez leurs parents, alors ils me chargeaient d'aller chez "le père Nativel" qui tenait une petite épicerie bazar, pour acheter leurs friandises, souvent du réglisse enroulé autour d'une petite perle en sucre, ou bien encore des bonbons multicolores en forme de haricots. En compensation, j'avais ma commission, un bout de réglisse ou autre sucrerie. L'épicier n'était pas dupe, mais pourvu que les sous rentrent dans sa caisse, il fermait les yeux.

Ainsi s'écoulait le tempnumérisation0046.jpgs quand j'avais sept à huit ans.numérisation0045.jpg

                                                            A suivre.........     

Commentaires

Doux souvenirs, si vous avez des enfants et des petits ne laissez pas ces si jolies notes dans votre ordinateur, savoir se souvenir comme vous le faites est assez rare, savoir transmettre aussi. J'ai un ami qui va en ce prochain mois d'avril faire 84 ans, qui nous raconte si bien, il a tant de fois commencé a noter, et jamais terminé...quel dommage! je lui ai même acheté de quoi enregistrer sa voix. Vous êtes des témoins de ce qui n'est plus, de ces si petits détails comme la fabrication de l'encre que je ne connaissais pas, continuez.
Catherine

Écrit par : Lady Catherine | 23/01/2012

Bonjour Bernard

Je retrouve dans ta note tous l'odeur de la classe, les pupitres où les plus hardis gravaient leur nom, les cahiers d'écriture et de calculs, avec les tables imprimées au dos, la grande carte de France accrochée au mur et le tableau noir avec la leçon de morale à recopier dans le cahier;

Bien entendu, les hannetons, parfois une grenouille ou un orvet dans une poche !! J'ai encore la toupie à fouet, sans pouvoir m'en servir comme avant.

Et parmi les billes, j'en avais une en agate, qui me servait à tirer, bien ronde et bien lisse, que je ne misais jamais par peur de la perdre. Tout un parfum d'une jeunesse insouciante et somme toute, heureuse.

Amitiés

Christian

Écrit par : Christian | 25/01/2012

Bonjour Bernard
plus de 40 ans après tu me fais retourner à l'école avec les fractions .voyons voir si je sais toujours faire.salaire annuel 7440 francs
salaire journalier de l'ouvrier agricole 24.8 francs.
Bravo pour avoir remis cette grande bâtisse dans un décor magnifique.

Écrit par : heraime | 28/01/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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