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18/01/2012

AU DEBUT DU SIECLE DERNIER EN COTENTIN

  LA VIE D'UN FILS D'OUVRIER AGRICOLE

 

 

 A L'ECOLE UNE ENVIE D'APPRENDRE

 

 Chapitre quatre

 numérisation0026.jpg

 

Malgré qu'elle soit de la République, notre école était plutôt bourgeoise, les fils des notables y étaient privilégiés, ils avaient droit à des leçons supplémentaires à faire le soir chez eux, que nous n'avions pas. Pourtant avec un ou deux camarades issus du même milieu que moi, nous étions les premiers de notre cours.

Une simple anecdote : pour faire sa " réclame, " la société GIBBS passait dans les écoles, elle laissait différents matériels éducatifs ayant trait à la dentition. Pour les élèves, étaient donnés des produits pour brosser les dents (brosses, savons etc..). Notre instituteur les distribuait à ceux qui se lavaient les dents en ayant les moyens financiers, les autres n'y avaient pas droit.

Dans la cour de récréationumérisation0028.jpgn, peu de jeux étaient tolérés, pas de "saute-mouton", de jeu de la barre etc.. La pratique du sport y était inconnue, aucune autre activité était crée. Le maître ne faisait que le strict minimum imposé.

En cours de dessin, je ne me souviens pas avoir dessiné autre chose qu'un arrosoir posé sur le bureau de l'instituteur, nous en prenions les cotes de notre table, avec notre règle tenue à bout de bras.

Comme chant, deux obligatoires, la Marseillaise et le chant de la République qui venaient s'ajouter à l'instruction civique à laquelle nous avions droit tous les matins au début des cours.

Nous faisions presque deux kilomètres pour nous rendre à l'école, chaussés de sabots en bois qui bien souvent nous abîmaient les chevilles lorsque nous courrions.

Aux beaux temps, nous prenions souvent un raccourci au travers des prés qui nous menait à l'entrée du bourg. Autrement nous allions par la route, quelque fois en musardant.

Je me souviens d'un jour, où à plusieurs, l'envie nous a pris d'aller chaparder des pommes dans un champ de pommiers à cidre. Repassant la brèche de la haie, deux gendarmes nous attendaient : interrogatnumérisation0002.jpgoire en règle avant de nous laisser partir sur le chemin de l'école. Avec tout l'après midi, le grand souci du retour à la maison avec à la clef une bonne "raclée". Rien ne s'est passé, les gendarmes s'étaient contentés de nous sermonner.

L'hiver c'était plus dur, surtout quand il avait neigé, la neige nous arrivait presque à hauteur des genoux, elle remplissait nos sabots et le froid aux pieds nous occasionnait des engelures ce qui était très douloureux.

Le midi, pendant la mauvaise saison, nous déjeunions à la cantine. Celle-ci était gratuite pour ceux dont les parents avaient de faibles revenus, dont je faisais parti.

La cantinière peu scrupuleuse en profitait très souvent pour récupérer les restes et nous les servait le lendemain. Cela a duré un certain temps, numérisation0005.jpgjusqu'au jour où elle a été remplacée par une autre plus honnête.

Nous ne pouvions rien dire,  nous étions à la charge de la commune, ce qu'on nous disait souvent.

Heureusement, nous avions d'autres compensations, ne serait-ce que le marché du mardi.

Celui-ci se tenait sur la grande place, et notre plaisir était de voir les différents étals très nombreux. On y trouvait beaucoup de choses tant les marchands étaient variés.

Un emplacement était réservé aux maraîchers qui venaient de la région de Créances, avec leurs chariots débordant de légumes bien frais.

C'est sur ce marché que notre mère achetait des bananes, seuls fruits achetés. Elle marchandait le prix de douze sous le kilo, elle les avait au prix de dix sous. La concurrence était rude sur le marché.numérisation0029.jpg

Sous les tilleuls plantés au dix huitième siècle, près de la poste, le marché au beurre.

Rangés autour d'une grande chaîne formant un rectangle, les fermiers y rangeaient leurs mottes de beurre transportées dans des paniers en osier.  Au centre, les négociants allaient d'un panier à l'autre, goûtant le beurre, et suivant la qualité donnaient leur prix. Alors de grandes discussions s'engageaient, personne ne voulant céder pour finalement trouver un compromis.

Ainsi était le marché il y a plus de soixante quinze ans.

                              A suivre.............

Commentaires

Pas facile la vie à cette époque.
Je suis une fille d'ouvrière mais en ville.
J'ai aussi connu la différence faite par certains enseignants ...
J'aime bien lire tes écrits.
A bientôt
Biche

Écrit par : Biche | 18/01/2012

Les récits sont vivants, précis et montrent bien la vie de ce bourg. La pauvreté n'empêchait pas d'avoir des jeux bien réels, une certaine liberté de mouvement que n'ont pas les jeunes d'aujourd'hui, conduits à l'école à l'aller comme au retour.

Je n'ai par contre jamais noté de différences chez les maitres d'école entre les enfants.

Tu parles de bananes. J'avais juste 4 ans quand elles ont disparu des marchés en 40 et j'ai gardé la nostalgie de ce fruit (comme celle du chocolat) jusqu'en 46 !! Et alors, la première que j'ai remangé n'avait plus du tout le même goût que celle de mes souvenirs...

Merci pour ce récit d'une jeunesse !

Cordialement


Christian

Écrit par : Christian | 18/01/2012

Merci Christian et Jacqueline,
J'ai bien aimé les photos de fleurs, d'animaux et d'insectes qui peuplent nos campagnes...les paysages aussi, ainsi que les souvenirs...
Une vie de retraités bien occupés dans une riche nature...vous pouvez savourer cette retraite qui j'espère est heureuse...
Continuez à nous en faire partager, ce qui doit plaire à beaucoup...
Dommage, dans le club des bloggueurs...beaucoup consultent mais pas beaucoup répondent par un commentaire, même ne serait-ce que par un petit mot gentil d'encouragement. Je le déplore !
A bientôt de vous lire...
Amicalement.
Jean Marc B.

Écrit par : BARRIER | 19/01/2012

Merci pour vos commentaires, nous ferons notre possible pour continuer à vous faire apprécier notre région et la vie que nous y menons.

Dans la mesure du possible, Bernard continuera à vous conter ses souvenirs d'enfance.

Jacqueline et Bernard

Écrit par : MORIN Jacqueline | 19/01/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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